11ème Biennale de Lyon : la Sucrière

Posted on 13 décembre 2011

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Biennale, 11ème édition en 2011, voilà qui semble sonner à point nommé !

La 11ème Biennale de Lyon s’installe sous les auspices d' »Une terrible beauté est née », expression issue d’un poème de Yeats. Des termes évidents et apparemment opposés.

Si les installations de la Biennale s’étendent sur  4 sites, nous n’avons eu l’occasion que d’en parcourir un seul : La Sucrière.

Comme son nom le laisse présager, cet espace occupe le bâtiment d’une ancienne sucrière au bord de la Saône, un entrepôt portuaire de plus de 7000 m2, dans le quartier renouvelé de la Confluence.

La manifestation de la Biennale commence sur la façade de la Sucrière : Eine Hungerkünstler (un artiste du jeûne) de Bernardo Ortiz, qui reprend des mots de Kafaka en blan sur fond rouge.

El silencio de las sirenas (Le silence des sirènes) d’Eduardo Basualdo

Une installation géante qui recrée le phénomène des marées au bord des rochers. Une vasque parsemée de monticules comme des rochers se remplit puis se vide de son eau. L’expérience était initialement à vivre pour le visiteur sur ces rochers pour ressentir l’angoisse du niveau d’eau qui monte et d’une sensation de plus en plus intense de son isolement sur cet îlot protecteur. Malheureusement, l’oeuvre a été victime de son succès, il est maintenant quasi-interdit de se positionner sur ces rochers. Reste que le spectacle vu depuis le bord de la vasque reste assez bluffant, et sera vécu différemment d’une personne à l’autre : certains visiteurs seront plus à leur aise quand la vasque se remplit, d’autres, au contraire, trouveront que l’évacuation de cette eau sombre est plus agréable.

Stronghold de Robert Kusmirowski
Dans un cylindre en bois, se tient une scène, visible uniquement du 1er étage, où semblent se croiser précipitation et abandon. Des livres jonchent le sol. D’autres sont rangés consciencieusement contre les murs, mais chose étonnante, la tranche posée contre le mur. Le livre devient anonyme. On voit aussi que le livre peut se brûler, des restes de livres calcinés sont là. Brûler les livres tel un combustible pour créer de l’énergie, ou brûler les livres pour les faire disparaître ? Un amer relent d’autodafé… et à voir le fil barbelé autour du cylindre, et à repenser à l’organisation anonyme des livres, notre esprit vagabonde jusque dans notre mémoire, et frôle les notions de Shoah, de baraquement et d’extermination. A savoir si l’artiste a voulu aller dans cette direction…
Noeud Perikhorein, d’Erick Beltran
Eric Beltran est l’artiste qui a signé l’affiche et la charte graphique de la Biennale, il y expose aussi cette sphère noire émaillé de mots-clés blancs. C’est un peu comme si vous aviez supprimé les frontières et la notion de territoire de votre globe terrestre et y aviez inscrit les liens politiques, économiques ou encore sociales caractéristique de notre ère. L’originalité de cette sphère tournante réside aussi dans son intérieur, en effet le visiteur peut s’y introduire et y découvrir les notions de l’extérieur en résumé.
http://www.biennaledelyon.com/ jusqu’au 31 décembre 2011
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Posted in: Expo, Non classé