Suddenly,… Crazy ?

Posted on 4 avril 2011

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Liz Taylor a quitté ce monde (vous le savez ou avez déjà zappé, on ne vous en voudra pas) et les chaînes de télé en ont profité pour rediffuser ses films.

Hier, Arte reprenait « Soudain, l’été dernier »(Suddenly, last summer) de Joseph Mankiewicz, d’après une pièce de Tenessee Williams (1959).

Elizabeth Taylor interprète une jeune femme internée, pour ses crises de délire. Un psychiatre (Montgomery Clift) va tenter de percer les causes de sa douleur pour l’en en délivrer, en évitant de recourir à la lobotomie. Lobotomie pourtant « prescrite » par une tante campée par Katharine Hepburn, magistrale en vieille bourgeoise manipulatrice-bienfaitrice des hospices.

Une plongée dans les asiles psychiatriques avec son lot de désoeuvrés, coincés laidement entre passivité et dangerosité. Mais c’est surtout une réhabilitation du travail d’analyse psychologique, au-delà des comportements bourgeois, brisant les tabous pour une véritable guérison. Liz Taylor – pas la protagoniste la plus folle du film, loin de là- arrive à communiquer aussi bien son trouble que sa pleine conscience, et sa révolte contre ceux qui voudrait bien qu’elle oublie tout. On ressent et vit avec elle, l’intense fouille de sa mémoire, et accueillons avec un double sentiment d’horreur et de délivrance, le récit de sa vérité.

Plusieurs actrices hollywoodiennes se sont essayées à l’interprétation des figures féminines prétendues « folles », « malades », confrontées aux traitements psychiatriques. Parmi elles, certaines en bénéficient et s’en sortent, comme le personnage de Liz dans Soudain, l’été dernier, ou celui de Natalie Wood dans « La fièvre dans le sang (Splendor in the Grass) » d’Elia Kazan.

D’autres, au contraire, se retrouvent engluées et anéanties dans les excès des pratiques et des institutions : Ellen Burstyn dans »Requiem for a Dream » de Darren Aronofsky,

ou encore Jessica Lange dans « Frances » de Graeme Clifford. Ce film est basé sur la vie de Frances Farmer, actrice qui avait eu la mauvaise idée d’avoir du caractère et un certain goût pour le scandale dans les studios hollywoodiens des 1940’s. Une solution pour s’affranchir de cet élément perturbateur : L’internement et la lobotomie ! Rien que ça.

Profondément déroutants grâce à des interprétations troublantes de vérité, ces films replacent la question de l’appréciation de la folie selon les époques et les milieux, et dénoncent les dérives des traitements des « non-normaux »,  conduisant des êtres humains à l’aliénation, alors qu’ils sont sensés les en délivrer.

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Posted in: Ciné