Vous reprendrez bien une part de Klapisch ?

Posted on 23 mars 2011

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« Ma Part du Gâteau », le nouveau film de Cédric Klapish n’est effectivement qu’une part d’un gâteau qui, si il avait été complet, aurait été sans doute savoureux.

Un méchant trader (Gilles Lellouche), plein aux as, en argent comme en arrogance, embauche une gentille femme de ménage (Karin Viard). Celle-ci était auparavant ouvrière à Dunkerque, mais son usine licencie en masse, car de méchants investisseurs financiers ont joué avec son sort.

Le méchant trader dans sa base de méchants financiers

La pauvre ouvrière, licenciée à Dunkerque, mais qui rebondit à Paris

"Alors, vous voyez là, en l'espace de 3 minutes, en jouant sur la valeur du change euro dollar, je viens de faire 3 millions, c'est pas génial ?"

Confrontation de l’opulence vide de sens (les cons) et de la solidarité ouvrière (les bons). Contrastes aussi entre la finance numérique (apparemment assez bien retranscrite, parole de banquier) et le sort bien réel des travailleurs sur le carreau. Ce n’est qu’à la fin du film que la rencontre entre ces deux mondes se fait vraiment de manière intéressante. Le méchant trader (qui est quand même devenu un peu gentil) se retrouve en face d’un groupe d’ouvriers, qui viennent d’apprendre que c’est lui qui a « dézingué la boîte ». Là, étant confronté à la réalité de ses actions, sans le filtre des écrans et des chiffres virevoltants, en face de vrais gens, le petit malin fait moins le malin, il se barre en courant. Finie la grande gueule. Et fini le film.

Quoi déjà ? On aurait aimé que les ouvriers de Dunkerque lui apprennent un peu la vie. Vie dans les corons, paysage de grues et containers, cadence d’usine, le Carnaval de Dunkerque… Le méchant trader serait devenu meilleur. Après une bonne dose d’autoflagellation et de regret de ses actions passées, il aurait ouvert une épicerie municipale, aurait épousé Jeannette, la fille du pompier, se serait contenté d’une petite baraque et d’une Clio, mais aurait été heureux car bien entouré par de vrais gens, et avec eux, se serait bien marré au Carnaval….Mais bon, à la réflexion, avec cette suite hypothétique, le film se serait sans doute transformer en un remake de « Bienvenue chez les Ch’tis ».

Cédric Klapisch, j’aimerais bien que tu re-filmes des bobos. Le milieu populaire et le milieu ultrablindé, ce n’est pas ton truc. Vive le XIème arrondissement ! Allez, tout le monde au Pause Café !

PS : Cédric, si tu pouvais changer de bande originale. J’aime bien Kraked Unit, mais franchement, de nous les servir à chaque film, ça devient lassant.

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Posted in: Ciné