La Côte d’Ivoire sans Gbagbo, ni Ouattara

Posted on 6 janvier 2011

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Si comme moi, vous ne comprenez rien à la présidence bicéphale en Côte d’ivoire, je vous propose de nous pencher tout de même sur ce pays, et ce, de manière littéraire et ludique (si, si, ce sont 2 mots compatibles). La série BD « Aya de Youpougon ».

Les 6 tomes d’Aya de Yopougon ont, depuis 2005, à chaque parution, squatté largement les étals de nos librairies préférées. Et à chaque fois, je me faisais la réflexion : je ne comprends pas ce succès, ces BD ne m’attirent pas du tout. Même en les feuilletant à la volée, rien ne semblait s’en dégager, rien.

Pourtant, sur les conseils d’une amie,  je me retrouve à partir de chez elle, avec les 5 tomes d’Aya dans les bras. 5 tomes que je dévore. Comme j’ai dévoré le 6ème, paru en novembre dernier.

L’intrigue se déroule à Yopougon, quartier populaire d’Abidjan, à la fin années 70. Aya est une jeune étudiante de 19 ans, elle vit avec sa famille, au milieu d’autres familles et amis, dont les histoires s’entremêlent. Les personnages et les rebondissements d’une véritable série.

On y parle de tout. Surtout de ce qui fâche… Ah, là, là, stop, je vous arrête tout de suite ! On n’est pas en mode « guerre et famine », non plus. On est dans une Afrique moins tragique, et sans se voiler la face, c’est appréciable de sortir des clichés les plus terribles. Aya, ce sont plutôt les tromperies, les mesquineries de voisinage, les mariages forcés, les harcèlements, la pauvreté, l’intolérance, la corruption, le miroir aux alouettes de l’émigration. Mais pas seulement, car ces situations malheureuses constituent autant d’occasions de démontrer les qualités humaines de nos personnages : la solidarité, la compréhension, l’amour, l’espoir, l’ambition.

Et surtout, on y parle autrement. Les dialogue sont en V.C.I. Comprenez Version Côté d’Ivoire. Bon, n’y étant jamais allée, (et surtout pas dans les années 70…), je ne peux pas vraiment assurer l’authenticité de ces formules, mais ces dialogues sont rendus si vivants, qu’on a bien envie d’y croire. Le mélange de français, de langue locale et de langage de la rue forme un bel argot ivoirien : les genitos qui sont stylés, les gazelles qui ouvrent des maquis…Heureusement que les premiers volumes contiennent un lexique. Ce dernier va même plus loin qu’éclairer les expressions, il donne la recette des beignets de bananes plantains et explique même le langage des pagnes.

photo :lesptitsasterisques.wordpress.com

Et c’est notamment par ces aspects culturels, qu’ Aya de Yopougon, ne constitue pas seulement un « Plus Belle la vie »  ivoirien en BD.

Aya est une série BD exotique et attachante.  A suivre !

Ce qui ne nous ôtera pas, bien au contraire, l’envie de veiller et de comprendre ce qu’il se passe vraiment en Côte d’Ivoire.

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