Potiche

Posted on 23 novembre 2010

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Reprendre l’activité de ce blog avec ce titre des plus gracieux, « Potiche », c’est motivant et valorisant, non?

Vous savez de quoi nous allons parler, mais en préalable, comme en dissert’, cernons le sujet ! Intéressons nous à la définition de « Potiche » : 1/Grand vase de porcelaine, de grès ou de faience; 2/ Personne ayant un rôle de représentation mais sans pouvoir réel.

On ajoutera ces jours-ci un 3ème sens à cette définition : titre d’un film de François Ozon en 2010, dont le succès est déjà marqué par 1 million d’entrée en 9 jours.

Potiche, c’est l’adaptation d’une comédie de boulevard, dont les clichés de rebondissements d’intrigue et de diction ultra-articulée sont savoureusement conservés par le réalisateur. La pièce de théâtre écrite par Pierre Barillet et Jean-Pierre Gredy a été montée pour la première fois à Paris en 1980, Ozon a choisi de rester fidèle à l’époque en situant le scénario de Potiche en 1977. Fidèle, Ozon l’est, voire extrêmement, voire kitschement. Difficile pour moi d’en juger car 1977, je ne l’ai pas connu, mais je peux apprécier les efforts de reconstitution de l’époque. Qu’en penserait Matthew Weiner, de Mad Men* ?

On connaît l’origine du film, on connaît l’époque traitée, mais que raconte Potiche ? L’histoire d’une simple potiche ? D’une nana dont on oublie vite la présence? Sachant que c’est Catherine Deneuve qui incarne la présupposée potiche, ça laisse perplexe. Un rôle trop étroit pour la grande Catherine ? Du gâchis de talent d’actrice ? Que nenni, car n’est pas la potiche celle que l’on croit…

Dans le Nord de la France, Suzanne (C. Deneuve) est mariée depuis 25 ans à Robert Pujol (F. Luchini), qui dirige une usine de parapluie. Sa femme est comblée (par son électroménager), et ardemment rabrouée et trompée (par cet irascible de mari, génial Luchini). Bref une existence pathétique agrémentée de jogging en bigoudis et de pseudo-poésie….Encore plus pathétique, donc.


Tout bascule quand, suite à la défaillance cardiaque de son mari, Suzanne devient la « patronne » des parapluies Pujol-Michonneau. Quoi, une femme à la tête d’une usine ?

Cette situation devient alors le prétexte à souligner la place des femmes dans la société, leurs aspirations à l’égalité, mais aussi, parce que Suzanne doit affronter une grève, aux rapports patrons/ouvriers, abordant ainsi la négociation syndicale (avec G. Depardieu, hommage à Bernard Thibault), et la justice sociale, . Et là, nous ne sommes plus en 1977 : les discriminations,  inégalités, revendications et progrès (à faire) sont encore valables aujourd’hui. Bien sûr, Potiche, c’est une comédie, et les positions respectives des bourgeois, des ouvriers, des syndicalistes, et des hommes, et des femmes sont grossies, caricaturées. Néanmoins, on perçoit toute l’actualité des débats. Une actualité renforcée, par la reprise (gonflée ou facile?) des petites phrases de notre cher Président et par une allusion à peine voilée à la candidate Royal.

Une comédie délicieusement jouée, kitschissiment stylée et politiquement concernée. Du très bon Ozon !

Site officiel : http://www.potichelefilm.fr/

* : M. Weiner, créateur de « Mad men », série TV unanimement saluée pour son rendu irréprochable des US 60’S. http://www.canalplus.fr/c-series/c-les-series-du-moment/cid180787-mad-men.html

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Posted in: Ciné